André Taymans
Le dessinateur André Taymans est un admirateur du père de Blake et Mortimer depuis toujours. Il a ainsi glissé dans son œuvre, à de nombreuses reprises, des allusions ou clins d'œil à Jacobs, notamment dans la série Lefranc .
Sa passion ne date pas d'hier. Dans une interview de 2006 pour le site ActuaBD, il relate sa rencontre avec Jacobs lorsqu'il était alors adolescent :
"../.. Edgar P. Jacobs est le premier qui m’ait appris à faire de la BD. C’est le premier auteur professionnel que j’ai rencontré et qui m’a conseillé. J’ai plus regardé les bouquins de Jacobs que ceux de Jacques Martin !
Vers mes quinze ans, j’’habitais à Rixensart et, un jour, notre plombier a regardé mon travail pendant que je dessinais. Il m’a alors dit qu’il avait un bon client qui faisait également de la BD, un certain Jacobs ! Il m’a ensuite proposé de le rencontrer. Il lui a directement téléphoné, et Jacobs a accepté, à ma grande surprise d’ailleurs. On est parti avec la camionnette du plombier chez le créateur de Blake et Mortimer où l’on est resté une heure, le maître a commenté mes planches. Par la suite, nous avons entretenu une correspondance…
A cette époque là, le chef d’un mouvement scout m’avait demandé si je pouvais lui renseigner des adresses de dessinateurs pour l’aider à illustrer son calendrier. Je lui ai donné celle de Jacobs. Il lui a répondu, en disant qu’il n’avait pas le temps, et a dit « Mais si vous voulez demander à André Taymans d’utiliser mes personnages, je n’y verrais aucun inconvénient ». J’ai toujours la copie de la lettre, bien que je n’ai jamais fait ce dessin pour le calendrier (Rires). Toute mon enfance a été bercée par Jacobs../.."
Devenu dessinateur, il n'oubliera jamais ce grand monsieur de la BD et n'hésitera pas à lui rendre hommage dans ses albums.
Ainsi, dans la série Les Filles d'Aphrodite, on peut voir dans le tome 1 "Mort à la Carte" (1999), un Mortimer, pipe à la main, déambuler dans les couloirs au Metropolitan Museum de New York.
© Taymans / Jamar / Glénat
Puis, trois ans plus tard, dans le tome 3 "Le Dessous des Cartes", c'est un petit strip qui met en scène Blake et Mortimer, attablés dans un restaurant.
© Taymans / Jamar / Glénat
Mais c'est avec la série de Jacques Martin "Lefranc" qu'il va réaliser d'imaginatifs et superbes hommages au maître du Bois des Pauvres.
Avec l'album "Le Maître de l'Atome" en 2006 (scénario de Michel Jacquemart), il glisse deux petites allusions discrètes à Jacobs. Tout d'abord à la page 23, première case où l'on peut distinguer en arrière-plan Jacobs discutant avec Hergé et ensuite à la page 31, avant-dernière case qui n'est pas sans rappeler la Tour Eiffel du Secret de l'Espadon détruite par l'Empire Jaune de Basam Damdu.
© Taymans / Drèze / Casterman

© Taymans / Drèze / Casterman
Jacobs - Le Secret de l'Espadon
Mais c'est sur l'album Londres en Péril (scénario de Jacques Martin), en 2008, qu'André Taymans offre une pléthore d'hommages plus ou moins cachés. D'ailleurs, dès la première page, on peut lire un remerciement à Edgar Dalmas. Jacobs, du temps où il fut chanteur à l'opéra se faisait appeler le "Baryton Dalmas". Premier indice !
Mais de très nombreuses cases de l'album Londres en Péril rendent hommage à l'univers de Jacobs. La grande majorité font référence à La Marque Jaune, mais également à S.O.S. Météores ou encore le Secret de l'Espadon. Les voici :
© Taymans / Drèze / Martin / Casterman

L'album s'ouvre comme celui de la Marque Jaune sur un paysage de Londres, la nuit.
© Taymans / Drèze / Martin / Casterman

Présentations à la manière de l'album de La Marque Jaune.
© Taymans / Drèze / Martin / Casterman
Une similitude avec l'Olrik de S.O.S. Météores ? Au dessus, une photo de la statuette Leblon-Delienne.
© Taymans / Drèze / Martin / Casterman
Oui, il faut de bons yeux, mais il s'agit de la cheminée de l'appartement de B&M dans La Marque Jaune.
© Taymans / Drèze / Martin / Casterman
Eh oui, Jacobs intervient même dans plusieurs planches de l'histoire.
Ici une photo visible dans "L'énigme Jacobs - T2" de Philippe Biermé (© Fondation Jacobs).
© Taymans / Drèze / Martin / Casterman
Est-ce la même porte que celle de S.O.S. Météores ?
© Taymans / Drèze / Martin / Casterman

Si le volant est inversé, peu de doute quand à l'origine : La Marque Jaune.
© Taymans / Drèze / Martin / Casterman
On change de registre avec un hommage au mythique Secret de l'Espadon.
© Taymans / Drèze / Martin / Casterman
Retour à La Marque Jaune et la résidence du Premier Ministre Britannique.
© Taymans / Drèze / Martin / Casterman
Toujours La Marque Jaune (on peut aussi penser aux Sarcophages du 6e Continent).
© Taymans / Drèze / Martin / Casterman
La maison de Blake et Mortimer avec une petite allusion dans la 2e case : excellent !
© Taymans / Drèze / Martin / Casterman
Le fourgon postal de la célèbre poursuite dans S.O.S. Météores.
© Taymans / Drèze / Martin / Casterman
© Taymans / Drèze / Martin / Casterman

Le pub dans La Marque Jaune, lui-même tiré d'une illustration de Paris Match.
Consultez ce dossier à ce sujet.
© Taymans / Drèze / Martin / Casterman
Point besoin de discours, une moitié de "M" sur le mur en briques à côté de la cabine.
De quoi clôturer en beauté !
Enfin, dans l'album "Le Chatiment" en 2010 (scénario Patrick Delperdange) et dont l'action se passe à Hollywood, on peut voir un petit clin d'œil au professeur Mortimer (de dos, avec la mèche) :
© Taymans / Drèze / Delperdange / Schierer / Casterman
| < Précédent |
|---|







